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Dans l’avion, la joie du pape pour cette visite en Afrique

L’avion de Benoît XVI a décollé à 10h20 (GMT+1) de l’aéroport de Fiumicino, près de Rome, pour le Cameroun, première étape avant l’Angola, de son 11e déplacement pontifical à l’étranger, du 17 au 23 mars 2009. L’arrivée du pape à l’aéroport international Nsimalen de Yaoundé, la capitale camerounaise, est officiellement prévue à 16h (GMT+1)

A bord du Boeing 777 de la compagnie italienne Alitalia, le pape est accompagné d’une trentaine de personnes, dont Mgr Fernando Filoni, substitut pour les Affaires générales de la Secrétairerie d’Etat, le cardinal Francis Arinze, ancien préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le cardinal Ivan Dias, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, Mgr Robert Sarah, secrétaire de ce même dicastère et Mgr Nikola Eterovic, secrétaire général du Synode des évêques. On note aussi la présence de Mgr Felix del Blanco Prieto, ancien nonce apostolique au Cameroun et ancien délégué apostolique en Angola.

70 journalistes ont pris part au vol papal, auxquels le pape s’est adressé au cours de ce voyage de 6 heures

Alors que l’avion papal survolait la Tunisie, le pape a ainsi été interrogé sur les propositions peu "réalistes" et peu "efficaces" de l’Eglise pour lutter contre le Sida. Benoît XVI a, au contraire, affirmé que « la réalité la plus efficace, la plus forte dans la lutte contre le Sida, c’est justement l’Eglise catholique ». « Je pense à la communauté de Sant’Egidio, aux Camilliens (religieux italiens engagés dans la santé, ndlr), à toutes les religieuses qui sont au service des malades ». « On ne peut pas seulement dépasser ce problème du Sida avec de l’argent, (…) on ne peut pas le dépasser avec la distribution de préservatifs. Au contraire, ils augmentent le problème. La solution est double : une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui comprend un nouveau mode de comportement les uns avec les autres, et, deuxièmement, une véritable amitié à l’égard, surtout, des personnes qui souffrent, y compris avec des sacrifices et des renoncements personnels ».

Au cours de cette conférence de presse un peu particulière, le pape a par ailleurs dit sa joie de visiter le continent noir. « Je vais en Afrique avec grande joie, j’aime l’Afrique, j’ai de nombreux amis africains, j’aime la joie de la foi que l’on trouve en Afrique », a ainsi confié Benoît XVI. « Vous savez que le mandat du successeur de Pierre est de confirmer ses frères dans la foi, mais je suis sûr que je rentrerai, moi, confirmé dans la foi, contagieux pour ainsi dire de leur foi joyeuse ».

« Je ne viens pas avec un programme politique et économique, je ne suis pas compétent », a ajouté le pape. « J’y vais avec un programme religieux de foi, de morale, mais ceci a aussi une contribution essentielle à la crise actuelle », a précisé Benoît XVI, « car nous savons que l’un des éléments fondamentaux de la crise est le déficit d’éthique dans les structures économiques ».

Lors de l’Angélus du 15 mars 2009, le pape avait déjà annoncé qu’il se rendrait en Afrique pour annoncer « la Bonne Nouvelle (…) qui rend même possible le pardon et l’amour envers les ennemis » et non pour « des objectifs économiques, sociaux ou politiques ».

Question de Philippe Visseyrias de France 2

Saint Père, parmi les multiples maux dont souffre l’Afrique, il y a aussi en particulier celui de l’épidémie du sida. La position de l’Eglise catholique quant aux moyens de lutter contre ce fléau est souvent considérée comme irréaliste et inefficace. Aborderez-vous ce thème durant le voyage ?

Réponse de Benoît XVI [traduit de l’italien]

Je dirais le contraire. Il me semble que l’entité la plus efficace, la plus présente sur le front de la lutte contre le sida est vraiment l’Eglise catholique, avec ses mouvements et ses diverses structures. Je pense à la Communauté Saint Egidio qui fait tant, de manière visible et aussi de manière invisible pour lutter contre le sida, aux religieux Camilliens, à toutes les religieuses qui sont au service des malades... Je dirais qu’on ne peut vaincre ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si ce n’est pas le cÅ“ur, si les africains ne s’y entraident pas, on ne peut résoudre ce fléau avec la distribution de prophylactiques : au contraire, le risque est d’accroître le problème. La solution ne peut venir que d’un double engagement : en premier, une humanisation de la sexualité, c’est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui permette une nouvelle manière de se comporter les uns avec les autres, et deuxièmement une vraie attention particulièrement à l’égard des personnes qui souffrent, la disponibilité, les sacrifices aussi, les renoncement personnel pour être avec les personnes souffrantes. Ce sont les moyens qui aident et permettent des progrès visibles. C’est pourquoi, je dirais que c’est là notre double force : renouveler l’homme intérieur, donner une force spirituelle et morale pour un comportement juste dans la manière de considérer son propre corps et celui d’autrui, et d’autre part cette capacité à souffrir avec ceux qui souffrent, d’être présents aux cotés de ceux qui traversent des épreuves. Je crois que c’est là la juste réponse, que l’Eglise la met en Å“uvre et offre ainsi une aide très grande et importante. Nous remercions tous ceux qui y participent.

Sources : apic/imedia/cp/js et cef


Mise en ligne le mardi 17 mars 2009, par Webmaster

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